Chapitre 3 : le protocole MCP pour la standardisation des interactions entre agents et outils
Les systèmes agentiques modernes s'appuient sur des outils pour enrichir les capacités des LLM. Si ces derniers sont capables de raisonner, ils ont besoin d'outils pour agir, accéder aux systèmes de l'entreprise et recueillir les informations en temps réel. Le protocole MCP fait le lien entre les agents et les outils externes. Malgré son apparition récente, le protocole MCP est rapidement devenu la nouvelle norme dans le domaine de l'IA agentique.
Avant l'arrivée de ce protocole, les outils devaient être intégrés manuellement, ce qui entraînait des problèmes de cohérence et de mise à l'échelle. Du code personnalisé devait être rédigé pour définir comment les agents découvraient et interagissaient avec les API. Il en résultait des efforts de développement inutiles, des mises à jour instables et de nouveaux risques à chaque changement au niveau du système. Le protocole MCP standardise ce processus avec une spécification modulaire et interopérable, qui permet aux agents de découvrir, de sélectionner et d'appeler des outils de manière fiable. C'est une norme universelle pour les workflows d'IA.
Grâce à elle, les équipes de développement peuvent exposer des fonctionnalités sous la forme d'outils à l'aide d'un protocole commun. Ces outils peuvent être des API, des bases de données, des systèmes métier, ou encore des utilitaires internes. Les serveurs MCP sont des hubs dans lesquels les outils sont hébergés, documentés et sécurisés. Les agents peuvent les interroger de manière dynamique, déterminer l'outil dont ils ont besoin et appeler des workflows sur plusieurs systèmes.
Cette standardisation facilite la participation à plus grande échelle. Une architecture utilisant le protocole MCP permet de réutiliser les définitions d'outil existantes, d'accélérer l'intégration et de réduire la fragmentation de la plateforme. Les entreprises peuvent également renforcer la cohérence de l'utilisation des outils sans réentraîner les modèles ni réécrire la logique.
Cependant, le protocole MCP présente ses propres défis. Une mauvaise description d'un outil peut tromper les agents et donner lieu à des appels accidentels ou à des hallucinations. Pire encore, les outils aux chaînes d'instructions génératives non sécurisées ou aux autorisations trop étendues peuvent créer des vulnérabilités.
Chez Red Hat, nous avons établi une feuille de route pour la mise en place d'une passerelle MCP qui atténue ces risques. Elle implique d'intégrer la gouvernance, la sécurité et l'observabilité directement à l'architecture du serveur MCP. Les serveurs MCP déployés au sein d'OpenShift AI bénéficient d'une intégration native avec les fonctionnalités de nos plateformes pour l'application de politiques, le contrôle d'accès basé sur les rôles et l'audit. Ainsi, l'accès aux outils exposés peut être géré rigoureusement selon les rôles et l'espace de noms afin de respecter les politiques relatives aux identités et aux autorisations.